28ème Dimanche du TO

Quelle patience et quelle suite dans les idées chez ce roi !
Quelle bienveillance aussi chez lui!
« Patience, suite dans les idées » chez Dieu, ça se dit : « dessein de Dieu »
« Bienveillance » chez Dieu, ça se dit « grâce »
Mais quelle courte vue chez ces invités à la noce. Quelle incompréhension, quelle myopie. Ils ne savent pas à côté de quoi ils passent 

I-Cet évangile nous invite à découvrir le dessein de Dieu si nous ne le connaissons pas ou à l’approfondir si nous le connaissons déjà. Saint Paul l’a expliqué plusieurs fois. Quel que soit le sujet qu’il aborde, il a toujours en tête ce dessein de Dieu.  Et il voit tout à la lumière de ce dessein de Dieu. Ce dessein, c’est ceci : Pourquoi Dieu a-t-il créé le monde ? Il l’a créé pour l’homme. Et pourquoi a-t-il créé l’homme ? Pour en faire ses fils, ses enfants, participants à sa vie divine et à son bonheur éternel. Voyant venir par avance son arrestation prochaine, Paul dit aux chrétiens de ses communautés : « Maintenant, je sais que vous ne reverrez plus mon visage, vous tous au milieu de qui j’ai passé en proclamant le Royaume de Dieu. Jamais je n’ai reculé quand il fallait annoncer le dessein de Dieu… » (Act. …, 25-27).  Le dessein de Dieu sur chacun de nous, sur notre monde : voilà ce que l’évangile d’aujourd’hui nous rappelle. 
     Ce n’est pas un commandement de plus, ce n’est pas un travail de plus, ce n’est pas un sacrifice de plus, c’est une invitation, une bonne nouvelle, une chance extraordinaire, c’est la promesse de Dieu qui nous est faite, c’est le grand cadeau de Dieu à notre vie. C’est le Royaume de Dieu. C’est toute la prédication du Christ et des Apôtres à sa suite. 
     Aucune parole humaine ne peut exprimer la chance que c’est.
     Le Royaume de Dieu pour chacun de nous, pour notre monde : voilà ce que l’évangile d’aujourd’hui nous rappelle. Puissions-nous orienter notre vie en fonction de ce que Dieu nous rappelle ainsi.

II-Cet évangile, en même temps, est une terrible leçon : quelle myopie chez les invités. S’ils savaient ce qu’ils refusent ! Ils ne savent pas : c’est leur excuse. Parce qu’ils ne veulent pas savoir.  Mais quelle pitié ! St. Augustin a raconté qu’il avait entendu pour la première fois l’appel de Dieu à 19 ans. Il n’y a répondu qu’à 30 ans. Et il se lamente du temps perdu : « Tard je t’ai aimé… Quel temps perdu ! » (Confess.
     Combien ont dit comme lui : « Quel temps perdu ! Si j’avais su… ».
Augustin a bien rattrapé le temps perdu. Le bon larron, dans l’Ev. lui, y a répondu aussitôt… Et il ne l’a pas regretté : « Ce soir, Tu seras avec moi au Paradis » lui dit Jésus dans un souffle en expirant. 
     Saint Ignace de Loyola, aux jeunes qu’il aidait à réfléchir à la route à prendre pour leur vie et qui se sentaient invités par Dieu à suivre le Christ, il les invitait à se poser cette question, : « arrivé au moment de ta mort, qu’est-ce que tu seras heureux d’avoir répondu ? » 
     Le jeune homme riche, dans l’évangile, était fortement attiré par Jésus et sentait dans Celui qui l’invitait au Royaume de Dieu tout l’amour qui dictait cette invitation : « Jésus le regarda et l’aima » (Mc., 10,..). Mais il sentait aussi en lui d’autres exigences… Il ne suivit pas Jésus et fut triste probablement toute sa vie.   

Ainsi, « Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus » : c’est-à-dire : tous sont invités ; mais peu répondent à l’invitation. Merveilleux mystère de l’appel de Dieu. Et mystère pour Dieu de la réponse de l’homme. 
      Puissions-nous pouvoir dire éternellement ce que nous aurons dit tous les dimanches de notre vie : « heureux les invités au banquet de Royaume des Cieux » 



                                                                                                                                               P. Marc   Père Marc