14ème Dimanche du TO

Qu’est-ce que c’est que ce « fardeau » dont nous parle le Seigneur ? Une autre fois, le  Seigneur parlait aux foules et à ses disciples. Il leur dit : « Les scribes et les pharisiens occupent la chaire de Moïse (…) Ils lient de pesants fardeaux et les imposent aux épaules des gens ; mais eux-mêmes se refusent de les remuer du bout des doigts… ». Voilà le fardeau dont il s’agit : le fardeau d’une religion écrasante.
            Le Christ propose autre chose : « chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école… » Effectivement son « …joug est aisé et (son) fardeau léger ». Pourquoi ? Parce qu’il est le contraire des scribes et des pharisiens qui pratiquent pour la galerie : « Je suis doux et humble de cœur ». Ce n’est pas que l’enseignement du Seigneur soit laxiste : souvenons-nous du long discours sur la montagne : après les béatitudes – qui dira que c’est facile ? – il reprend l’enseignement de la Loi juive : « on vous a dit de ne pas tuer ? Eh bien moi, je vous dis de ne même pas vous fâcher conte quelqu’un. On vous a dit de ne pas voler, Eh bien moi je vous dis : si quelqu’un te prend la veste, abandonne-lui aussi ta chemise ». Et ainsi de suite, des dix commandements de la Loi ancienne de Moïse. Ce n’est pas de la facilité. Et pourtant, après ce long enseignement sur la montagne : « …les foules étaient vivement frappées de son enseignement ; c’est qu’il les enseignait en homme qui a autorité et non pas comme leurs scribes ». 
Et cet enseignement était nouveau : comme il l’avait dit, « on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ». Saint Jean a été très sensible à la nouveauté du message. 
                   
          Invité à des noces, à Cana, au début de son ministère, le maître de maison lui fit cette remarque : « Tout le monde sert d’abord le bon vin, et quand les gens sont gais, le moins bon. Toi tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant » (Jn. 2, 10). 

A la fin de son Prologue, il dit : « La Loi (de l’AT) nous a été donné par Moïse ; la grâce et la Vérité nous sont venues par J-C » (Prol. 19). St. Paul a longuement développé ce passage de la Loi à la grâce qui fait la nouveauté de l’enseignement avec le Seigneur. C’est ce qu’il dit dans les quelques lignes que nous avons lues dans la première lecture : « si l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous ». 
        Les Béatitudes, l’évangile, le Christ ressuscité, l’Esprit qui nous est donné, la promesse de Dieu de nous ressusciter avec le Christ: voilà le joug du Christ. Oui, son joug est aisé et son fardeau est léger.

Dans l’enseignement du Seigneur aujourd’hui, i l y a aussi autre chose : « Je te bénis, Père, d’avoir caché cela aux sages et aux habiles et de l’avoir révélé aux tout petits ».
           Dieu n’a rien caché aux sages et aux savants. Il leur a donné au contraire beaucoup d’intelligence, de savoir, de culture. Mais si l’intelligence se prend pour le sommet de tout, alors elle s’aveugle elle-même. Depuis le Haut-M-Â, des Universités, c’est-à-dire des sages et des savants de ce monde, avaient pris pour devise : « Dominus illuminatio mea » : « C’est le Seigneur qui est ma lumière ». Sur le monde, les créatures…, l’intelligence naturelle de l’homme peut connaître beaucoup de choses. La Science en est la preuve tous les jours. Mais connaître le Créateur des créatures, la finalité de la création, le pourquoi de la création, la finalité de l’homme dans la Création, le dessein de Dieu sur ce monde et sur l’homme : cela c’est la Science des saints, c’est-à-dire il nous faut être enseignés de Dieu, il nous le faut recevoir de Dieu, du Christ, de l’Esprit-Saint. 

           Pour connaître cette science, il faut dire à Dieu « Dieu, nul ne te connaît si le Christne Te révèle à nous ; et nul ne connaît le Christ, si tu ne le lui révèles pas. 
                 En ce domaine, nous ne sommes pas savants ; nous sommes tout petits : daigne te faire connaître à nous et daigne nous faire connaître qui est Jésus que tu nous a envoyé et que nous prenions sur nous son joug ».


                                                                                                                                               P. Marc   Père Marc