Dans la Bible la Parole a essentiellement deux fonctions, celle de dénoncer et celle d’annoncer. Dénoncer les injustices, les égarements, la mauvaise conduite, pour conduire l’humanité à la conversion. Dans les lectures de ce dimanche, chers frères et sœurs, nous retrouvons ces deux dimensions de la parole : dénoncer et annoncer.
« J’attendais de beaux raisins. »
Voici une phrase qui nous fait découvrir quelle est l’espérance de Dieu à notre égard. Elle nous montre Dieu qui se penche avec amour sur ses créatures. Cette attente contient le « pourquoi » et le « comment ». Pourquoi attend-il de bons raisins ? Comment ? À quoi correspondent ces « beaux raisins » que Dieu attend ?
C’est important de le savoir, nous qui comme saint François, louons et bénissons le Seigneur, au cœur de sa création, Laudato SI.
Le fruit représente ce que Dieu attend de nos vies. Isaïe l’annonce sans détour : « [Le Seigneur de l’univers] attendait le droit, et voici le crime ; il attendait la justice, et voici les cris. » Donc, Dieu ne nous assigne pas d’autre but, plus « noble » ou plus « divin », que celui de vivre ensemble dans la justice et le droit ! Et Jésus le cœur enflammé par le désir d’annoncer la nouvelle qui brûle au plus profond de lui, dit que ces fruits attendus de Dieu sont : la libération des souffrances et de l’oppression Dans cette « paix de Dieu qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir », comme l’écrit saint Paul aux Philippiens.
Ce « Royaume » que Jésus prêche constamment est une histoire d’amour, et non de terrain en location. Et c’est même un chant d’amour. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à écouter la façon dont Isaïe commence l’histoire du propriétaire de la vigne : « Je veux chanter pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. Mon ami avait une vigne… » Là se situe notre rôle dans le monde. Il ne s’agit donc pas d’une histoire de propriété, de rendement et d’héritage ! Aux origines, il y a une amitié, entre le Bien-Aimé et sa vigne. Un amour qui se chante. Dieu ne nous crée pas en vue « du rendement pour le rendement » ! Il nous crée pour que nous donnions « de l’amour pour l’amour », débordant, désirant. Et il attend de ceux qu’il a créés, la même abondance de cœur que la sienne.
Revenons à nos raisins. Que se passe-t-il à la messe ? Nous venons offrir à Dieu le pain et le vin, soit toute notre vie et notre amour. Tandis que Dieu y donne son Fils, « la vraie vigne » : amour pour amour. Jésus donne le Royaume à qui il veut, à ceux qui lui feront produire ses fruits. Et justement, il brûle de nous le donner à nous ! Pour peu que nous lui apportions de beaux raisins, c’est-à-dire ce désir du droit et de la justice, ce désir de vivre tous ensemble le Royaume.
