Ascension

St. Matt. 18, 16-20

Fêter l’Ascension, c’est faire mémoire de ce jour, de ce moment, des circonstances où a      pris fin l’Incarnation du Fils de Dieu. L’Incarnation a commencé un jour précis et a pris fin un jour précis. On exprime cela avec une image : Le Fils de Dieu est descendu du Ciel à l’Annonciation ; et il est remonté au ciel 40 jours après sa résurrection. C’est le langage courant et tout le monde comprend.
          Tel est l’événement que nous fêtons aujourd’hui. C’est l’événement le plus grand jamais survenu sur cette terre et comme il n’y en aura jamais plus d’aussi grand, jusqu’au Retour glorieux du Christ. 
       Et pourtant cet événement est passé pratiquement inaperçu des contemporains. Quelques mages étaient venus d’Orient à sa naissance. Quelques disciples. A part cela, qui a bougé a sa naissance ? Et ensuite ? Et à sa mort ? De fait, sa vie a compté 30 ans d’incognito, à peine 3 ans de vie publique où certains, quelques centaines de personnes, ont pu le connaître, puis 3 jours de procès à grand spectacle à Jérusalem en période de grande affluence. Après lui, la carte politique des pays, des royaumes, des empires était la même qu’avant sa venue. Aucun chamboulement politique ; aucune grande avancée scientifique ou technique quelconque ; les tyrans étaient toujours en place, le commun des mortels continuait à vivre et à mourir comme il pouvait, et les esclaves étaient toujours esclaves. A part le petit monde en effervescence à Jérusalem, tout était comme avant ; rien n’avait bougé. Et personne ne se doutait même que Dieu était venu sur terre. 
   C’est ce qu’aurait pu dire, je pense, un journaliste relatant l’Ascension. 
          Pourtant, il a bien dû se passer quelque chose. 
Avant de lire l’Évangile, nous avons lu un passage de l’épître de St. Paul aux Ephésiens. Je résume : « Prenez conscience de ce qui s’est passé ». En développant la question, St. Paul y répond lui-même : ce qui s’est passé ? 
C’est l’espérance apparue dans le monde, 
c’est l’héritage de gloire promis, c’est-à-dire l’espérance de la participation à la vie en Dieu, c’est la puissance de Dieu manifestée par la résurrection du Christ. 
Et toutes les lettres de Saint Paul explicitent cela. 
Ce qui s’est passé ? St. Jean nous le dit dans son Évangile C’est le but de son Prologue :
 « Le Verbe de Dieu est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu ; mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu…
Le Verbe de Dieu s’est fait chair, il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire…
De sa plénitude, nous avons tous reçu…
La Loi nous avait été donnée par Moïse ; mais la grâce et la Vérité nous sont venues par Jésus le Christ…
Personne n’avait jamais vu Dieu ; mais le Fils Unique de Dieu, qui est en Dieu, lui l’a fait connaître »
Voilà ce qui s’est passé. Ailleurs, St Jean insiste pour témoigner : « Ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons entendu de nos oreilles, nous vous l’annonçons : la Vie s’est manifestée… » Et saint Jean écrit pour témoigner et pour faire partager ce contact avec cette Vie et faire partager celle-ci. Voilà donc ce qui s’est passé historiquement et qui prend fin avec l’Ascension.
        Et ensuite ? On vit sur le passé ? Oui, bien sûr. Mais pas seulement. En quittant ses disciples Jésus les envoie dans le monde entier répandre son message, continuer son œuvre. Mais en leur promettant son Esprit. Jésus a été le grain de blé tombé en terre. L’Esprit envoyé par le Christ fera germer le grain pour la vie : 
            Après le « temps de la visite de Dieu sur terre » (Luc19, 44), comme l’appelle saint Luc, viendra le « temps de l’Esprit », le « temps des Nations » (Luc 21, 24), le temps où ce que le Seigneur a dit, a enseigné, a fait pendant son bref passage dans un tout petit coin du monde, se répandra sur la terre entière. 

« Ô abime de la Sagesse et de la Science de Dieu… Que ses décrets sont mystérieux. Que ses voies sont incompréhensibles… Tout est à Lui. Tout est par Lui. Tout est pour Lui » (Rom. 11, 33-36).

                                                                                                                                               P. Marc   Père Marc