Pour croire que le Christ est ressuscité, il faut comprendre le dessein de Dieu. Pour comprendre le dessein de Dieu, il faut comprendre les Ecritures. Et Jésus ressuscité, pendant deux heures de temps, explique les Ecritures à ses disciples Cléophas et son compagnon.
Déjà, de son vivant sur terre, par 3 fois au moins, le Seigneur avait annoncé et expliqué les Ecritures à ses disciples. Selon les Ecritures, il devrait être livré aux mains des hommes, souffrir beaucoup, être tué et le 3e jour ressusciter. Les 12 avaient alors compris ce qu’ils avaient pu.
Une autre fois, le Seigneur avait donné une parabole qui mettait en scène le pauvre Lazare et un mauvais riche. Tout le monde connaît. Finalement dans la parabole, le Seigneur montrait le riche au fond de l’enfer dans les tourments et Lazare dans le sein d’Abraham. A un moment, l’ex riche lève les yeux et aperçoit Abraham. Il crie vers lui au secours. Abraham ne peut rien pour lui. Alors le riche lui dit : « Au moins, envoie quelqu’un trouver mes frères ; qu’il leur dise de se convertir pour qu’il ne leur arrive pas comme à moi ». Réponse d’Abraham : « Ils ont les Ecritures, qu’ils les écoutent ; s’ils ne croient pas aux Ecritures, même si un mort ressuscitait et allait les trouver, ils ne se convertiraient pas ».
L’enseignement du Seigneur est clair : c’est l’Ecriture qui nous permet de croire dans la résurrection du Xt, qu’on l’a vu, touché, entendu, qu’on ne rêve pas, qu’on n’est pas fou.
C’est l’Ecriture qui nous permet de comprendre que c’est le dessein de Dieu qui se réalise. Dessein réparateur d’une création déchue : la Création, la faute, la chute.
Puis la promesse à Abraham, promesse renouvelée de patriarche en patriarche ; puis tout un peuple créé de rien à partir de cette promesse et qui s’accroît de siècle en siècle. Pendant ce temps, Dieu reste fidèle à ses promesses : Moïse puis les prophètes de siècle en siècle raniment la flamme vacillante souvent de la foi en ces promesses et de cette espérance. Dans cette longue suite d’événements heureux ou catastrophiques de ce peuple si spécial au milieu des autres peuples : Cananéens, Syriens, Babyloniens, Egyptiens, Perses, Grecs, Romains… Dieu maintient et renouvelle les promesses : les prophètes, les Ecritures saintes sont là.
Dans ce long déroulement du temps, donc, la vie, la mort et la résurrection du prophète Jésus représentent un moment plus que décisif. La résurrection est les arrhes, comme dit saint Paul – le gage, comme on dit entre vendeurs et acheteurs – de la réalisation de ce que Dieu a promis : la VIE, la vraie, celle qui ne connaîtra pas de maladies, de vieillissement ni de mort, le bonheur, la Création qui aboutit finalement au terme que Dieu avait voulu pour elle : l’homme fait participant de la nature divine, comme dit saint Pierre.
En disant cela, nous sommes dépassés par ce que nous disons, nous sommes loin d’entrevoir même ce que cela veut dire : « Ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce que le cœur de l’homme n’a même pas pu imaginer : voilà ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment… » (1 Cor. 1)
Mais même si nous ne pouvons imaginer ce que sera la réalisation de la promesse de Dieu, nous savons que la résurrection d’un seul sera un jour, la résurrection pour tous :
par un seul, la mort est entrée dans le monde ; par un seul, tous sont morts;
par un seul, la vie a surgi dans le monde ; par un seul, le Christ, tous revivront.
Alors, où est-elle, ô mort, ta victoire ? (Osée)
P. Marc 