5ème semaine

5eme semaine 1
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Théodora disait encore : « Ce ne sont ni l’ascèse, ni les veilles, ni les labeurs quels qu’ils soient, qui nous sauvent, mais uniquement la véritable humilité. Il y avait en effet un anachorète qui chassait les démons, et il les interrogea : « Qui vous fait sortir ? le jeûne ? » Ils répondirent : « Nous, nous ne mangeons ni ne buvons ! » - « Les veilles ? » - « Nous ne dormons pas non plus. » - « La retraite ? » - « Nous vivons dans les déserts. » - « Qu’est-ce qui vous fait donc sortir ? » Et ils dirent : « Rien ne triomphe de nous, sinon l’humilité. » Vois-tu comment l’humilité est victorieuse des démons ? »


Abba Jean Colobos a dit : « Qui a vendu Joseph ? » Un frère répondit : « Ce sont ses frères. » (Gn 37,36) Le vieillard lui dit : « Non pas, c’est son humilité qui l’a vendu, car il aurait pu dire : je suis leur frère, et protester ; mais gardant le silence, il s’est vendu lui-même par son humilité ; et par l’humilité il fut établi à la tête de l’Égypte (Gn 41,41). »


S’en revenant un jour du marais à sa cellule en portant des rameaux de palmier, Abba Macaire vit le diable venir à sa rencontre sur le chemin avec une dague. Celui-ci voulut l’en frapper, mais ne l’ayant pas pu, lui dit : « Quelle force sort de toi, Macaire, pour que je sois impuissant contre toi ! Car tout ce que tu fais, je le fais aussi : tu jeûnes, moi aussi ; tu veilles, moi je ne dors pas du tout ; il n’y a qu’un point sur lequel tu me bats. » Abba Macaire lui demanda : « Quel est-il ? » Il dit : « Ton humilité. A cause d’elle je ne puis rien contre toi. »


Un frère demanda à Abba Motios : « Si je m’en vais demeurer quelque part, comment veux-tu que j’y vive ? » Le vieillard lui dit : « Si tu habites quelque part, ne cherche pas à te faire une renommée en quoi que ce soit, disant par exemple : je ne vais pas à l’assemblée, ou : Je ne mange pas à une agape. Car ces choses font un vain renom et ensuite tu en seras importuné. En effet, là où elles se trouvent, les hommes s’empressent d’accourir. » Le frère lui dit : « Que ferai-je donc ? » Le vieillard dit : « Où que tu résides, fais comme tout le monde, et ce que tu vois faire par les hommes pieux en qui tu as confiance, fais-le et tu seras dans la paix. Car c’est de l’humilité que de t’assimiler à eux. Et les hommes, voyant que tu ne sors pas de l’ordinaire, te considéreront comme pareil à tous, et personne ne t’importunera. »


Un frère interrogea Abba Sisoès en disant : « Je m’aperçois que le souvenir de Dieu demeure en moi. » Le vieillard lui dit : « Ce n’est pas une grande chose que ta pensée soit avec Dieu ; ce qui est grand, c’est de te voir inférieur à toute créature. Car cela, avec le labeur corporel, conduit à l’humilité. »

 

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