3ème semaine

3eme semaine
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Un frère vint trouver un grand ancien à la montagne de Phermé et lui dit : « Abbé, que faire ? mon âme se perd. » L’ancien lui dit : « Pourquoi, mon enfant ? » Et le frère lui dit : « Quand j’étais dans le monde, comme de juste, je jeûnais beaucoup, je veillais, j’avais beaucoup de componction et de ferveur, tandis que maintenant, Père, je ne vois absolument aucun bien en moi. » L’ancien lui dit : « Crois-moi, mon enfant, tout ce que tu faisais quand tu étais dans le monde, c’étaient la vaine gloire et les louanges des hommes qui te donnaient le courage de le faire et cela n’était pas agréable à Dieu ; aussi Satan ne te faisait-il pas la guerre, c’est qu’il n’avait cure d’arrêter ton élan. Maintenant au contraire qu’il te voit devenu soldat du Christ et parti à l’attaque contre lui, il s’est armé aussi contre toi. Au demeurant, un seul psaume que tu dis maintenant avec componction plait davantage à Dieu que mille que tu disais dans le monde ; et il agrée ton jeûne réduit plus que les semaines que tu jeûnais dans le monde. » Le frère lui dit : « Je ne jeûne plus du tout présentement, mais tous les biens que j’avais dans le monde m’ont été enlevés. » L’ancien lui dit : « Ce que tu as te suffit, persévère seulement et ce sera bien. » Comme le frère insistait et disait : « Sûrement, Père, mon âme se perd », l’ancien lui dit alors : « Crois-moi, frère, je ne voulais pas te le dire pour ne pas faire de mal à ta pensée, mais en te voyant aller au découragement à l’instigation de Satan, je te le dis : Le seul fait de penser que tu faisais du bien et menais une vie vertueuse quand tu étais dans le monde, c’est de l’orgueil ; car c’est ainsi que le pharisien lui aussi perdit tout le bien qu’il avait fait. En revanche, maintenant que tu te considères comme ne faisant absolument rien de bien, cela te suffit, frère, pour ton salut, car c’est de l’humilité. C’est ainsi que fut justifié le publicain qui n’avait rien fait de bien. Car un homme pécheur et négligent, à condition qu’il ait la contrition du cœur et l’humilité, plait davantage à Dieu que celui qui fait beaucoup de bien et qui se considère comme faisant vraiment un bien quelconque. » Et le frère, grandement secouru, fit une métanie et dit à l’ancien : « Aujourd’hui, Abba, mon âme a été sauvée par toi. »


Un ancien a dit : « La terre en laquelle le Seigneur a commandé de travailler (cf. Gn 3,23), c’est l’humilité. »


On demandait à un ancien : « Qu’est-ce que l’humilité ? » Il dit : « Si ton frère pèche contre toi et que tu lui pardonnes avant qu’il ne te témoigne son repentir. »

Un des Pères dit une parabole au sujet de l’humilité : Les cèdres dirent aux roseaux : « Comment vous qui êtes chétifs et faibles, ne vous cassez-vous pas pendant la tempête, alors que nous qui sommes si grands, nous sommes brisés et parfois déracinés ? » Les roseaux répondirent : « Nous, lorsque la tempête arrive et que les vents soufflent, ils nous plient de-ci de-là, et voilà pourquoi nous ne cassons pas ; mais vous qui résistez aux vents, vous êtes en péril. » Et l’ancien ajouta : « Devant une insulte, il faut céder, laisser le champ libre à la colère pour ne pas la contredire ni tomber dans des paroles ou des actes déplacés. »


Un des Pères a dit : « Les Pères sont entrés à l’intérieur par l’austérité ; et nous, si nous pouvons, entrons dans le bien par l’humilité. »


Un ancien a dit : « L’humilité n’est pas l’un des mets du festin, mais le condiment qui assaisonne tous les mets. »  

 

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